Aller au contenu principal
Fermer

Rwanda, Ouzbékistan: ces pays où l'Europe envisage d'ouvrir des "hubs" pour migrants
information fournie par AFP 01/04/2026 à 18:00

Un centre de détention de migrants près de Lezhe, le 1er novembre 2025 en Albanie ( AFP / Adnan Beci )

Un centre de détention de migrants près de Lezhe, le 1er novembre 2025 en Albanie ( AFP / Adnan Beci )

Rwanda, Ouganda, Ouzbékistan...: une poignée d'Etats européens étudie actuellement la possibilité de mettre en place des "hubs de retour" ou d'autres projets migratoires avec une dizaine de pays.

Cinq pays européens particulièrement investis sur les questions migratoires -- le Danemark, l'Autriche, la Grèce, l'Allemagne et les Pays-Bas -- se réunissent régulièrement, notamment à Bruxelles, afin d'explorer ces pistes, ont indiqué plusieurs sources à l'AFP.

Ils ont au cours des dernières semaines élaboré une liste de pays avec lesquels ils pourraient être susceptibles d'ouvrir des centres pour migrants, ou d'autres "solutions innovantes" -- le terme employé à Bruxelles pour évoquer ce type de mesures.

D'après plusieurs sources, y figurent notamment: le Rwanda, le Ghana, le Sénégal, la Tunisie, la Libye, la Mauritanie, l'Egypte, l'Ouganda, l’Ouzbékistan, l'Arménie, le Monténégro et l'Ethiopie.

Plusieurs sources proches des discussions ont précisé que cette liste n'était pas encore arrêtée et que les échanges étaient encore à un stade très préliminaire.

Plusieurs projets pourraient être noués avec ces pays. Des centres pour y envoyer les migrants dont la demande d'asile aurait été rejetée, les fameux "hubs de retour", des centres pour examiner les demandes de migrants sauvés en mer...

Autant de mesures décriées par la gauche et les ONG, qui s'inquiètent du traitement des migrants dans ces établissements, mais de plus en plus plébiscitées par les pays de l'UE.

Les partisans d'une ligne migratoire ferme soulignent que ces mesures ont aussi un effet dissuasif: ils espèrent ainsi décourager des migrants de tenter de s'installer en Europe.

- Apprendre des "erreurs" -

Des drapeaux de l'Union européenne à Bruxelles, le 18 décembre 2024 ( AFP / NICOLAS TUCAT )

Des drapeaux de l'Union européenne à Bruxelles, le 18 décembre 2024 ( AFP / NICOLAS TUCAT )

L'idée de créer des hubs pour détenir des migrants avant ou après l'examen de leur demande d'asile n'est pas nouvelle.

Sous l'impulsion de la Première ministre Giorgia Meloni, elle a été testée par l'Italie en Albanie. Ce centre est longtemps resté largement vide, en raison d'une série de contestations judiciaires. En février, il accueillait environ 90 personnes, selon une source au sein des autorités italiennes.

Un accord sur le sujet avait également été scellé entre le Royaume-Uni et le Rwanda, mais Londres a rapidement abandonné le projet, là encore en raison d'obstacles judiciaires. Les deux pays s'affrontent désormais devant les tribunaux.

Les cinq pays européens étudient ces modèles, afin d'apprendre de leurs "erreurs", a affirmé un diplomate à l'AFP.

Ils se basent notamment sur leurs liens diplomatiques existants pour élaborer cette liste: l'Allemagne travaillait déjà de très près avec l'Ouzbékistan sur les questions migratoires, le Danemark a déjà échangé sur ces questions avec le Rwanda...

"On ne se contente pas de lancer des fléchettes sur une carte du monde", a affirmé un autre diplomate à l'AFP.

Ces Etats membres de l'UE sont réticents à confirmer avec quels pays ils souhaitent travailler, tant le dossier est sensible.

La piste la plus aboutie jusqu'ici est le Rwanda, où une mission organisée par plusieurs pays européens, dont l'Autriche, pourrait avoir lieu prochainement.

Un responsable de la Commission européenne a confirmé à l'AFP que l'institution participait à ces réunions en tant qu'"observateur", sans opiner directement sur l'élaboration de la liste.

"Nous travaillons de très près avec les Etats membres et nous les soutenons dans leurs efforts", a-t-il affirmé.

Sans évoquer de liste spécifique, le ministre allemand de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, a évoqué fin mars les travaux de ce groupe de pays européens, assurant que l'idée était de conclure des accords "d'ici la fin de l'année".

L'objectif? Passer dès que possible "à l'étape suivante: la mise en place de ces centres de retour", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse.

D'autres pays, dont la France et l'Espagne, se montrent sceptiques quant à l'efficacité de ces hubs et sont restés en retrait des discussions.

1 commentaire

  • 01 avril 19:54

    L'article confirme bien que la France ne participe pas à l'étude de cette solution. En matière de contrôle de l'immigration, on est toujours au niveau zéro.


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Décollage de la fusée de la mission Artemis II à Cap Canaveral le 1er avril 2026, aux Etats-Unis ( AFP / Jim Watson )
    information fournie par AFP 03.04.2026 11:22 

    Les quatre astronautes de la mission Artémis 2 de la Nasa ont quitté jeudi l'orbite terrestre et mis les gaz vers la Lune dont ils feront le tour dans quelques jours, un exploit qui n'a pas été accompli depuis plus d'un demi-siècle. "L'humanité a une fois de plus ... Lire la suite

  • ( AFP / OZAN KOSE )
    information fournie par Boursorama avec AFP 03.04.2026 11:12 

    L'inflation en Turquie a ralenti à 30,9% sur un an en mars, contre 31,5% en février, selon les données officielles publiées vendredi. Sur un mois, la hausse des prix à la consommation a atteint 1,94% (contre 2,96% en février), selon l'institut statistique turc ... Lire la suite

  • Le président américain Donald Trump à la Maison blanche le 31 mars 2026 ( AFP / Brendan SMIALOWSKI )
    information fournie par AFP 03.04.2026 10:54 

    L'Iran a lancé vendredi de nouvelles attaques de missiles sur Israël, malgré l'avertissement de Donald Trump qui a menacé de viser les ponts et centrales électriques iraniens. Plus d'un mois après le début du conflit, qui ne montre aucun signe d'apaisement, Israël ... Lire la suite

  • Le gouvernement cubain a annoncé avoir gracié 2.010 détenus à l'occasion de la Semaine sainte ( AFP / YAMIL LAGE )
    information fournie par AFP 03.04.2026 10:31 

    Le gouvernement cubain a annoncé jeudi avoir gracié 2.010 détenus à l'occasion de la Semaine sainte, après avoir promis la libération d'une cinquantaine de prisonniers sous l'égide du Vatican le mois dernier dans un contexte de pressions américaines. Il s'agit ... Lire la suite

Pages les plus populaires